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GC HP2E, Grande Culture à Hautes Performances Economique et Environnementale

GIS GC HP2E

Groupement d'Intérêt Scientifique Grande Culture à Hautes Performances Economiques et Environnementales

Redupest - Identification de verrous techniques et de pistes de travail pour le développement de systèmes de culture moins dépendants de l'utilisation des pesticides

Dans la perspective du développement durable, l'agriculture doit faire face à de nouveaux enjeux. Elle doit produire des produits de qualité, en quantité suffisante, tout en respectant l'environnement et en assurant aussi bien le revenu de l'agriculteur que la viabilité des filières. En grandes cultures, les systèmes de culture aujourd'hui pratiqués par les agriculteurs sont pour la plupart encore très dépendants des pesticides, engendrant des problèmes environnementaux liés à l'utilisation de ces pesticides (qualité des eaux, de l'air, biodiversité ou santé humaine).

La réduction de l’utilisation des pesticides passe par la re-conception des systèmes de culture en combinant différentes solutions techniques alternatives à l’emploi des pesticides, mais aussi par une meilleure connaissance des principaux bioagresseurs problématiques des cultures et des solutions techniques mobilisables. On entend par « solution technique alternative », un ensemble de solutions techniques qui permettent, en les combinant, de participer à la réduction de l'utilisation des produits phytosanitaires. Il ne s’agit donc pas simplement de techniques de substitution aux produits phytosanitaires.

Depuis quelques années, des initiatives ont été lancées en France aussi bien dans la recherche que dans le développement agricole afin de concevoir et d’évaluer de nouveaux systèmes de culture moins dépendants des pesticides ainsi que des solutions techniques alternatives. Ces initiatives ne sont pas toujours bien connues ni valorisées. Des actions ont vu le jour afin d’échanger et de capitaliser sur ces expériences (RMT Systèmes de Culture Innovants, Ecophyto R&D, ENDURE), actions qui consistent à inventorier, décrire et mettre à disposition les solutions techniques alternatives aux pesticides. Ces inventaires constituent un outil indispensable à l’accompagnement des conseillers agricoles, des agriculteurs et des chercheurs pour la mise en place de nouveaux systèmes de culture productifs et plus respectueux de l’environnement ; nous pensons qu’ils peuvent aussi être utilisés pour l’identification de lacunes et d’impasses techniques.

Ce projet multipartenarial associant des acteurs de la recherche (INRA) et du développement agricole (DRAAF- SRAl, ARVALSI, CA Poitou-Charentes, ACTA) a pour objectif d’identifier les pistes de travail prioritaires à développer concernant la gestion des bioagresseurs pour lesquels peu de solutions techniques alternatives existent. Le programme de travail s’articule en plusieurs étapes : (i) analyser, valoriser et enrichir si nécessaire les inventaires existants sur les connaissances et les solutions techniques alternatives à l’utilisation des produits phytosanitaires et (ii) les confronter à un diagnostic des pressions biotiques par grande région française (bioagresseurs problématiques, solutions mises en œuvre et risques pour l’environnement). Cela permettra d’identifier les bioagresseurs pour lesquels il n’existe pas de solution satisfaisante et de définir et hiérarchiser les pistes de travail à développer pour combler ces lacunes.

L’originalité de cette proposition est de confronter les inventaires existants sur les solutions techniques alternatives mobilisables dans la conception de systèmes de culture économes en pesticides à des données concernant l’importance de chaque bioagresseur en termes de nuisibilité et de solutions de lutte chimique (intensité et fréquence de traitement, impact sur l’environnement, disponibilité actuelle et future de matières actives efficaces, risque de développement de résistance…). Cette analyse permettra d’identifier les couples espèce/bioagresseur(s) pour lesquels la réduction de l’utilisation des produits phytosanitaires est envisageable (meilleur raisonnement et leviers non chimiques) et ceux pour lesquels des études supplémentaires sont nécessaires (technique inexistante, efficacité insuffisante, approche système non explorée, …). Cette étude sera également l’occasion d’identifier des connaissances sous exploitées ou mal valorisées.